Conseils d’écriture

Conseils divers pour la rédaction et la relecture de textes

Ceci est un petit guide pour les personnes souhaitant des conseils d’écriture. Il est là pour vous aider et vous donner des idées, vous êtes invités à n’en retirer que ce qui vous plaît. Chacun fonctionne à sa façon !

Rédaction

Le scénario

Chacun sa méthode pour construire un scénario. Cependant, voici quelques remarques qui peuvent être utiles…

Un bon scénario comprend en filigrane plusieurs éléments différents : action, sentiments et logique. Lorsque vous établissez votre fil rouge, l’intrigue principale, et que vous créez vos personnages, il ne faut pas hésiter à séparer les trois pour être certain qu’ils sont présents. (Il y en aura peut-être plus que ça !)

Le fil rouge aura ainsi deux autres fils parallèles qui interviendront comme des toiles de fond. Vos fiches de personnages comporterons une biographie (action) qui justifiera du caractère (sentiments et logique) du personnage et une dernière partie expliquant les évolutions et péripéties marquantes qu’il subira durant l’aventure : action, sentiments et logique sont ainsi liés pour un même héros.

Exemple

Vous rédigez une histoire d’amour. Le fil rouge concerne donc les sentiments. A côté, il ne faut pas omettre les réflexions de vos héros, qui ne fonctionnent pas tous à l’adrénaline et qui ont besoin de raisonner de temps à autres (pas tous, chacun peut citer au moins un personnage de fiction qui ne réfléchit jamais). Il faut également considérer leurs actes (déplacements divers, études, travail, vie quotidienne, etc) car tout épris qu’il est, votre héros a aussi une vie à laquelle il se soumet et c’est souvent lors de ces actions que peuvent se déclencher des péripéties qui vont faire avancer sa relation sentimentale.

La structure

Si vous avez été sage en cours de Français, vous avez dû en entendre parler. Le principe est le suivant, et il se répète inlassablement dans chaque histoire. Vous pouvez même vous amuser à le repérer dans vos romans favoris.

Ainsi se découpe une histoire :

  • Situation initiale
  • Élément perturbateur
  • Péripéties
  • Résolution
  • Situation finale

Exemple

  • Situation initiale : Frodon est une jeune hobbit qui habite la Conté.
  • Élément perturbateur : Son oncle lui donne un anneau maudit.
  • Péripéties : Frodon part en voyage pour détruire l’anneau. Il est poursuivi. Il rencontre des alliés. Chacun d’entre eux subit ses propres aventures allant crescendo.
  • Résolution : l’anneau est détruit.
  • Situation finale : Aragorn devient roi, les hobbits retrouvent leur douillet chez eux, Frodon fini le livre de son oncle. (Nous espérons n’avoir spoilé personne…)

On peut s’attarder sur la situation initiale, selon ce qu’on juge nécessaire de raconter au lecteur. Toutefois, dans un univers connu du lecteur (réaliste, ou à l’ambiance manifestement médiévale, par exemple, etc) l’on n’est pas obligé d’y passer trop de temps. On peut aussi éluder certains éléments pour choisir de les raconter plus tard, si cette technique sert le scénario, mais attention, il faut bien repérer ces étapes.  Repérer le tout premier élément perturbateur vous permettra de bien déterminer ce que doit être la résolution, et à partir de quand vous pourrez établir la situation finale.

Attention à ce que les péripéties ne se répètent pas et que leur amplitude soit si possible progressive, cela tient le lecteur en haleine !

La résolution doit être intense, précise, bien décrite, car c’est le point culminant de votre histoire.

La situation finale ne doit pas trop traîner en longueur. Elle fait figure de conclusion. N’oubliez jamais que, depuis la résolution, votre histoire est terminée, et que cette partie sert seulement à satisfaire la curiosité du lecteur sur le devenir des personnages. N’hésitez pas à laisser des éléments imprécis, cela permet à votre public d’imaginer ce qui lui convient. Évidement, si vous avez une idée précise de la conclusion et que vous ne souhaitez pas que le lecteur s’imagine n’importe quoi, n’hésitez pas à gratter, mais avec parcimonie. Résumer est une bonne méthode. =)

La chasse aux incohérences

Prenez garde au lieu de l’action, à l’heure, à la saison, au temps qu’il fait. L’optimal : bien découper ses scènes selon des délimitations de temps, établir une météo, ne pas oublier de préciser, si vous pensez que le lecteur a besoin de le savoir, ce qu’il s’est passé durant une ellipse temporelle.

Considérez également les question matérielles. Selon la situation physique et morale du personnage, les scènes suivantes ne pourrons peut-être pas se dérouler comme vous l’auriez souhaité.

Exemple

Votre Prince Charmant vient de vaincre un adversaire et est blessé à la jambe droite. Alors qu’il vient tout juste de se faire soigner, on attaque sont château et il se défend, à l’aise, vif et agile, comme si sa blessure n’existait pas. (Vous aurez remarqué ce genre d’illogisme dans les films d’action, et dans Chrétien de Troyes.)

Évitez de changer de point de vue en plein paragraphe, cela déroute le lecteur et génère des incompréhensions. A moins que vous ne le fassiez exprès, bien sûr !

La répartition

Faites plein de nœuds avec vos trois fils. Il ne faut pas que le lecteur s’essouffle en lisant un long passage sérieux. Alternez les points de vue pour obtenir de la diversité, changez de lieu ou de scène, ne rechignez pas trop à glisser un peu d’humour ou de légèreté dans les instants intenses, éliminez les passages inutiles grâce aux ellipses.

Le texte

La question à se poser en permanence : « Qu’est-ce que je veux transmettre au lecteur ? »

Du français

A la première rédaction, on n’est pas obligé de faire attention à tout. Que ce soient des fautes, des répétitions, il est conseillé de se laisser porter par ce que l’on rédige. Ensuite, seulement, viendra la correction.

Cependant, il faut prendre garde à son expression, afin d’écrire des phrases cohérentes et faciles à lire, dès le départ.

Ayez à proximité un dictionnaire des synonymes (à force, celui-ci deviendra votre meilleur ami), un Bescherelle et un dictionnaire. Aujourd’hui, tout ceci se trouve aisément sur internet.

Bien sûr, la méthode de rédaction dépend de l’auteur, ceci n’est qu’un conseil d’ordre général !

Le style

Faire très attention à son style d’écriture. Il ne faut jamais oublier qu’on écrit pour partager, il faut donc que le style soit expressif, mais surtout régulier, rythmé. Attention à ne pas se forcer non plus, vous êtes le rédacteur, vous devez écrire sans trop d’arrières pensées, sans quoi votre texte ne sera pas assez naturel.

D’autre part, essayez de rester cohérent : le niveau de langue, particulièrement, doit rester constant. Sauf si vous le faites exprès, bien sûr. Vos modes de narration, également, doivent se répondre ou rester identiques tout du long. Si vous avez commencé votre texte à la première personne, il faut aller jusqu’au bout par ce biais et, si vous voulez changer de point de vue, prendre un autre personnage mais rester en point de vue interne à la première personne.

Vers le lecteur

L’empathie

Ne jamais oublier ce point : le lecteur n’est pas dans votre tête, il ne peut rien deviner. (Par extension, n’hésitez pas à vous persuader qu’il est stupide – même si ce n’est pas gentil, il sait bien que vous ne le pensez pas vraiment :3.)

Tout ce que vous voulez qu’il voie, il faut le lui expliquer. Pour ce faire, vous pouvez jouer sur la description de sentiments, sur les cinq sens (goût, odorat, toucher, ouïe, vue). Il vous faut être omniscient, penser à ce qu’il se passe physiquement et moralement pour chacun de vos personnages, puis faire le tri dans ce que vous jugez important de dire à votre lecteur. Faites attention à bien sélectionner et équilibrer les descriptions afin de ne pas le submerger non plus.

C’est également un choix de style de la part de l’auteur, qui devra quoi qu’il en soit être alors cohérent et peut-être même impacter l’histoire.

Exemple

A la vue du cadavre, Sir Oswald Yellowsubmarine fit la grimace. Sa femme, le voyant, fronça les sourcils car il faisait une tête bizarre.
Le commissaire perçut dans leur réaction quelque peu déplacée un signe évident de culpabilité.

Versus

A la vue du cadavre, Sir Oswald Yellowsubmarine fit la grimace. Il détestait le sang, cette texture aqueuse et pourtant poisseuse. Cette couleur oscillant entre le rouge et le noir lui donnait l’impression qu’elle ouvrait les portes de l’enfer et que l’effleurer du regard vous maudissait pour le restant de vos jours. L’ouverture béante dans le ventre l’aurait laissé de glace si elle n’avait été maculée de ce liquide dont il avait une peur presque phobique. Même l’odeur du corps en décomposition ne l’indisposait pas autant que la proximité du liquide écarlate.
Sa femme, remarquant son air troublé, fronça les sourcils. Elle le connaissait assez bien pour savoir ce qui le gênait et en ressentait une certaine empathie.
Le commissaire, lui, perçut dans leur réaction quelque peu déplacée un signe évident de culpabilité.

Techniques pour que le lecteur accroche

N’oubliez jamais que la rédaction en elle-même influence les sensations de votre lecteur.

Par exemple, si vous décrivez une scène d’action avec de très longues phrases, riches en vocabulaire et en propositions, comprenant notamment des participes présents ou de l’imparfait, elle risque de paraître lente et plus explicative que captivante. Il vaut mieux, dans ce cas, utiliser des temps actifs comme le passé simple ou le présent (en respectant une concordance des temps, évidemment), et faire des phrases courtes et très expressives.

Exemple

Phil courrait le plus vite qu’il pouvait pour échapper à la voiture qui tournait au coin de la rue, éclairant la route de ses phares menaçants tandis que les pneus crissaient sur la chaussée et qu’il paniquait. Il zigzagua sur l’asphalte en évitant les balles de mitrailleuse qui pleuvaient derrière ses pieds et, par chance, avisa une ruelle étroite dans laquelle un véhicule de cette taille ne pourrait s’engouffrer.

Versus

Phil courrait aussi vite qu’il le pouvait. Il fallait échapper à cette voiture. Elle tourna au coin de la rue, éclairant la route de ses phares menaçants. Le crissement des pneus sur la chaussée le fit paniquer. Soudain, des balles de mitrailleuse se mirent à pleuvoir derrière ses pieds. Acculé, il zigzagua sur l’asphalte et, par il ne savait quel miracle, il les évita toutes. Essoufflé, terrorisé, il avisa par chance une ruelle étroite. Il était sauf !Un véhicule de cette taille ne pourrait s’y engouffrer.

Petites techniques pour progresser

  • Éviter les verbes avoir et être à répétition. Vous aurez assez l’occasion de vous en servir. Si vous le pouvez, utilisez autre chose^^.
  • Lorsque vous voulez faire une description, essayez de l’insérer dans le contexte de façon qu’elle n’ait pas l’air de tomber comme un cheveux sur la soupe. Vous pouvez prendre le point de vue d’un personnage, par exemple, pour lui faire faire un introspection. Ainsi, on aura la sensation qu’il réfléchit et on verra le décor à travers ses yeux. C’est plus personnel, plus actif et mieux imbriqué dans le récit.
  • Évitez à tout prix les répétitions. La langue française ne les tolère pas et elle compense cette intolérance par une impressionnante collection de synonymes. N’hésitez pas à utiliser la métaphore si nécessaire. Elle sera bienvenue surtout lorsque vous désirez mettre en valeur les sensations d’un personnage, ou attirer l’attention du lecteur sur quelque chose de particulièrement intense. Un petit exercice pour s’entraîner : faire en sorte de ne pas retrouver une seule fois le même terme dans une même page. Si c’est trop dur, vous pouvez le faire avec des séries de paragraphes :).
  • Si vous sentez que vous perdez le contrôle de vos héros, laissez-les faire, foncez, allez jusqu’au bout. Vous adapterez après, c’est comme ça qu’on les aime !

Vos personnages

Personnalité

  • Vos héros sont des êtres vivants. Ils ont un passé qui les a influencés. N’oubliez jamais de leur faire une petite biographie. Il arrivera qu’elle ne serve absolument pas dans le texte, mais vous, vous connaîtrez votre personnage sur le bout des doigts. Déterminez leur caractère, évitez les stéréotypes mais ne vous empêchez pas d’utiliser des archétypes. A force de lire des choses, tout devient cliché. N’hésitez pas à vous détacher de cette impression si le personnage vous plaît vraiment comme il est.
  • Vos personnages n’auront jamais assez de défauts.
  • Le but latent d’une histoire est souvent la quête initiatique, certains de vos héros vont donc changer. Leur caractère n’est donc jamais immuable, mais il vous faudra justifier avec précision ces évolutions.
  • Pour les dialogues, il est intéressant de déterminer des façons de parler à chaque personnage. Tout le monde a ses expressions, ses fautes d’oral, ses tics, sa voix gutturale ou aiguë, son accent Ch’ti, son nez bouché ou ses décibels. L’expression est très importante, car elle permet de se faire certaines idées (parfois déroutantes ou fausses) sur le personnage, et donc de déterminer de façon simple son caractère.
  • Si méchant ou antagoniste il y a, chérissez-le. Aimez-le plus que votre personnage principal, faites en sorte qu’il ait plus d’impact sur le lecteur que n’importe quel autre. Sachez avec précision pourquoi, comment, quand, où, il a déterminé ce qu’il est et ce qu’il veut. Justifiez son existence. Faites attention tout de même à la caricature.
  • Vos personnages sont vos bébés, vos petits chouchous, votre progéniture. Ils ne sont pas vous et ne font que tenir de vous. Amusez-vous a repérer les traits de caractère que vous avez en commun avec vos personnages. Si vous vous associez trop à l’un d’entre eux, modifiez-le un peu si possible, car il risquera d’écraser les autres en étant trop proche de vous.

Noms

  • Les noms sont déterminants de ce que vous voulez voir en votre personnage à sa naissance. N’hésitez pas à faire de longues recherches, à trouver des significations. Cela vous permettra de définir avec davantage de précision la personnalité du bébé, en fonctionnant par élimination.
  • Prenez bien garde à choisir des appellations qui correspondent à votre univers et contexte. (Par exemple, ne nommez pas vos Indiens d’Amérique avec des prénoms chinois ou vos européens avec des prénoms japonais, sauf si c’est un Univers Alternatif.)
  • Si un nom vous parle vraiment, effectuez une recherche google et lisez un nombre assez conséquent d’informations. Cela vous confortera dans votre choix et pourra vous donner des idées supplémentaires. (On trouve parfois des coïncidences amusantes par ce biais !)

Apparences

  • Donnez d’abord des informations générales sur l’apparence.
  • Profitez ensuite de chaque instant de contemplation ou de description pour donner des indices plus précis, afin que le lecteur ne se fasse pas une image fausse de votre personnage.
  • Évitez les descriptions physiques trop longues, surtout lors de la première apparition du personnage. L’introspection d’un tiers est encore une solution pour insérer subrepticement les détails en question. Pour des personnages attachés à leur physique, vous pouvez utiliser leur propre réflexion. Cela montrera également une partie de leur mentalité.
  • Certains personnages n’apparaissent que momentanément. N’hésitez pas à zapper leur description, car ce n’est pas important.

Exemple

Votre compagnie s’arrête dans une auberge sur le chemin de Bourg-en-Choucroute. La tenancière les sert. Ils repartent le lendemain et ne la reverrons jamais. Contentez-vous de préciser, si vous le souhaitez, un petit détail physique. Qu’elle est jolie, qu’elle a un nez crochu ou qu’elle est discrète, mais ne la décrivez pas plus que cela, cela n’apporte rien à votre histoire.

Relecture

En général, plusieurs relectures sont nécessaires pour obtenir un texte réellement poli. (On reconnaîtra que, pour certains auteurs, le premier jet est le bon, mais ceux-ci sont de fieffés veinards, ou perfectionnistes de la première rédaction !)

  • Une première relecture, standard, vous permettra en général de relever le gros des défauts.

C’est le moment, également, où vous faites le tri parmi tout ce que vous avez rédigé. Certaines choses se répètent ou ne sont pas primordiales pour l’histoire. Elles peuvent constituer des lourdeurs. Cernez les passages, phrases ou mots inutiles. Ils vous apparaîtrons très clairement lorsque vous aurez un peu oublié ce que vous avez écrit. Parfois, à vouloir trop préciser certaines choses, vous êtes amené à vous répéter. C’est cela qu’il faut cibler. Parfois, également, il faut préciser les choses. C’est une phase d’équilibrage du texte.
Vous couperez parfois des passages entiers, que vous jugerez obsolètes. Assurez vous qu’il n’y a pas de référence au passage en question, ou du moins suffisamment vague pour ne pas être incohérente, ultérieurement.
Faites du puzzle avec vos scènes, adaptez, recoupez, replacez…

  • Après cette première relecture, il est vivement conseillé de se relire à voix haute, avec le ton, pour vérifier le naturel des dialogues, la longueur des phrases, leur logique. Les défauts d’un texte, ses répétitions, ses lourdeurs, ses passages trop flous, ressortent énormément par ce biais.
  • Ensuite, si vous en avez le temps, oubliez votre texte, un peu, ou beaucoup, à votre rythme. Une fois le texte un peu oublié, vous pouvez relire à nouveau. Vous y verrez de nouvelles choses, y découvrirez des éléments oubliés. Vous parviendrez un peu à apprécier votre texte, extérieur à vous désormais, et vous pourrez poser sur lui un regard critique différent, si ce n’est tout neuf.
  • Une fois de plus, après une telle relecture, la voix haute s’impose.
  • Ceci fait, il est fortement conseillé de vous fournir des bêta-lecteurs pour avoir un avis extérieur, que ce soit sur la forme ou sur le fond. N’hésitez pas à leur demander de noter le moindre détail !

En espérant que ce petit guide vous aura été utile et en comptant sur votre inspiration, nous vous confions la suite, à vous, auteurs.

Ce guide a été en partie inspiré de fanfic-fr.net, sinon des expériences des rédacteurs.